“Tu en es aux trois quarts ” – Bilan de ma 4ème année


ETUDES, SAGE-FEMME / lundi, septembre 24th, 2018
GraineDeCigogne©

« Lâche rien, tu en es aux trois quarts. », je crois que c’est la phrase que je me suis le plus répétée durant cette année. Cette 4ème année fut aussi intense que difficile, aussi passionnante qu’éprouvante.
Dire que quand j’étais en première année de médecine, on me disait :
« Tu verras, la 1ère année c’est la plus difficile, après c’est que du bonheur ! »
Du bonheur certes, mais qui se mérite à la sueur du front, aux heures de sommeil en moins, et au stylos BIC® terminés (s’il y a bien une chose que j’ai découvert depuis que je suis étudiante, c’est qu’il est possible de vider intégralement son stylo BIC, hé oui 😉)

Cette 4ème année de maïeutique, marque un tournant dans mes études. Cette année m’a fait mûrir, et je crois que ces 10 mois ont permis à la cigogne de sortir de sa coquille.
Jusqu’à présent, on m’enseignait la physiologie c’est-à-dire le fonctionnement normal du corps, de ces organes et le déroulement normal d’une grossesse. En stage, on me demandait de m’occuper de ces femmes « pour qui tout va bien ».
Durant cette 4ème année j’ai vu apparaître la pathologie. D’un coup, tout devient moins beau, moins rose, et bien plus grave. La responsabilité de chacun de nos gestes et de nos actes, nous revient à la figure ; le retour du boomerang. On prend conscience du poids des responsabilités de notre profession. On ne nous épargne plus ! On se prend la réalité de la vie à la figure.
& la « vraie » vie ce n’est pas comme dans baby-boom ; il y a des femmes et des enfants en danger, il y a, des urgences, de la réanimation, des décès.
On est jeté dans le grand bain, sans même être sûr de savoir nager et sans bouée à laquelle se raccrocher.

Être étudiant sage-femme c’est être jeté dans une piscine d’eau froide, où il faut vite apprendre à nager !

Jusqu’à présent, quand j’entendais « code rouge », je me mettais dans un coin de la pièce pour déranger le moins possible et je regardais tous ces soignants s’afférer autour d’une seule personne. J’observais qui faisait quoi, dans quel ordre les choses étaient faites, je distribuais le matériel stérile… J’étais spectatrice, je répondais aux ordres et c’est ce que l’on attendait de moi.
Désormais dans ce genre de situation, je devais être actrice, agir vite et bien, anticiper et prendre des initiatives, autant vous dire que cela change vite la donne. On ressent les premiers pics d’adrénaline, les premières bouffées de chaleur, et notre cœur qui tambourine.

Durant cette 4ème année, je suis également sortie de ma zone de confort en partant 6 semaines dans une maternité à 800km de chez moi. J’y ai découvert d’autres protocoles que ceux auxquels j’étais habituée, d’autres façon de faire mettant à rude épreuve mes capacités d’adaptation, mais j’en suis revenue grandie. J’ai réalisé que j’étais CAPABLE et que l’on me faisait confiance.
Tout d’abord l’équipe me faisait confiance, alors que j’étais la petite étudiante de l’Est, mais également les femmes, les couples. Je me suis sentie intégrée à l’équipe et non le vilain petit canard… Pour la première fois, je ressentais cette sensation d’être utile et de ne plus être un poids pour l’équipe médicale.

Et puis en plus des stages en salle de naissances, il y a eu ceux en gynécologie, ceux en grossesses à haut-risque, ceux en surveillance intensive de grossesse ou encore en suites de couches où l’on doit gérer seule de plus en plus de femmes. Des nouveaux lieux de stage au cœur de la pathologie.
A vrai dire, je crois que c’est ça qui rend cette année compliquée, c’est que l’on passe du statut « étudiant qui ne sait pas tout » à « presque sage-femme qui doit savoir ».

Cette 1ère année de Master aura été compliquée, et j’ai dû prendre du recul pour rédiger ce bilan.
J’ai voulu abandonner plusieurs fois. Je me suis demandé Ô pourquoi ce métier m’avait choisi. Ce fut l’année la plus difficile de mes études (après ma 1ère Paces). En plus des nombreuses gardes, en plus de tous ces cours théoriques à apprendre, il y a tellement de travail personnel et d’investissement à fournir sur son temps libre : le mémoire à commencer, les séances d’information à la vie affective et sexuelle auprès de collégiens/lycéens à effectuer, les staffs à préparer…

Alors, oui j’ai voulu abandonner, et qu’est-ce que j’ai pu pleurer ! Je me suis demandée si j’avais fait le bon choix et j’ai même pensé à me réorienter. J’ai mis mes nerfs à rude épreuve, j’ai serré les dents, mais j’y suis arrivée !
Je commence ma dernière année d’études grandie, un peu moins naïve mais toujours aussi passionnée, par ce si difficile mais beau métier que d’être au Service de la vie…

2 réponses à « “Tu en es aux trois quarts ” – Bilan de ma 4ème année »

  1. Oh ton bilan est vraiment intéressant ! Comme tu le sais, je début ma 4ème année et je sens qu’elle va être intense. J’avoue que tes mots me font un peu peur… et en même temps, tu y es arrivée donc ça motive énormément 🙂

    1. Je pense sincèrement que c’est l’année “crash test”, celle qui test ta volonté, ta motivation et qui permet de nous remettre en question. Mais c’est également celle dans laquelle on acquiert une réelle autonomie et ça c’est cool ! 🙂 Çà va aller pour toi j’en suis sure. Je ne dis pas que ça va être facile, mais je dis que tu vas y arriver, courage !

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